vendredi 19 octobre 2012

Fight do - Deporte en Argentina

Avais-je oublié de vous dire que les Argentins étaient super sportifs? En même temps, étant donné que toutes les filles se mettent en leggings sans ressembler à des baleines, c'est assez logique ! 
Face à mon pot de dulce de leche se vidant heure après heure et à mon incapacité à aller courir sous le soleil du Printemps, je décide donc de me prendre une carte d'un mois au gimnasio (la salle de sport). J'enfile mes baskets violettes, mon faux survêtement Nike acquis pour la maudique somme de 10€ à Once (le Barbès local) et c'est parti ! 
Au programme du jour: Fight do.
Le prof met la musique à fond et commence... à donner plein de coups de poings dans l'air en sautant dans tous les sens. Un truc qui ressemble... à de la boxe américaine. Bon d'accord, j'avoue, je n'ai aucune idée de ce qu'est la boxe américaine, mais la musique (loin du reggeaton de mes rêves) était une musique de gros taré de malade, genre ce qu'on entend aux combats de boxe. Ah et j'oubliais le plus important: le prof était Chinois. Et gueulait donc en Chin-spagnol! Bien évidemment, je ne comprenais rien, tout ce que je voyais c'était Jackie Chan qui donnait des coups de poing enragés dans tous les sens en faisant des bruits d'animal. Genre à la boxe, quand un mec se prend une tarte dans la face ou fout une tarte dans une face. Ce bruit là, exactement. Inutile de vous dire que je ne suivais rien du tout et que j'avais trop envie de rire. La vieille gothique en face de moi, elle, elle rigolait pas du tout! Elle était tellement à fond! On aurait dit que c'était elle qui avait 20 ans! La honte...
Et le pire c'est qu'après cette heure de massacre, il fallait faire des abdos. Sauf qu'ici, les abdos sont un mélange d'abdominaux et de vélo-dans-l'air-avec-les-jambes! Oui oui, vous avez bien lu, les deux en même temps! Ok, je suis pas très sportive, mais franchement, a-t-on déjà vu ça en France?? Les Argentins (et le Chinois) sont vraiment des fous. 

Rosario

Le week-end dernier, je continuais ma série de périples argentins en partant pour Rosario, troisième plus grande ville du pays après Buenos Aires et Cordoba. Après 4 heures de bus seulement (un trajet aussi court me semble maintenant passer à la vitesse éclair), nous arrivons dans cette jolie ville qui se développe autour du rio Parana et se trouve rapidement être plus propre et plus belle que Buenos Aires (en même temps, c'est pas très difficile!). Le centre-ville ressemble même totalement à l'Europe! Un air de Madrid ou de Paris, je dirais... Un cadre idéal pour passer un week-end sympathique et commencer sérieusement son bronzage sur la plage, au bord du rio.



Peregrinación a Luján

Bueno bueno. Pas où commencer? J'ai la chance d'avoir à la UCA (ma fac, je sais que je n'en parle pas souvent mais je suis bel et bien inscrite dans une fac) un parrain/padrino/buddy bien catho, qui organisait avec d'autres étudiants bien cathos le pélerinage annuel de Luján. Comme d'habitude, je n'avais aucune idée de ce dont il s'agissait, mais j'ai dit que je venais. La Vierge de Luján est en fait la Sainte Patronne de Buenos Aires. La ville de Luján, où se trouve la grande basilique néo-gothique construite en honneur de la Vierge de Luján, est située à 59 km de Buenos Aires, et chaque année environ six millions de personnes s'y rendent. 
Au départ, je n'ai aucune idée de ce que signifient 59 kilomètres, mais tout le monde fait les yeux ronds quand je parle de ce que je vais faire. Ben quoi, je suis scoute, nan? Está bieeeeen, je peux le faire large!

Ba en réalité, c'était pas si buen, c'était même une souffrance atroce. Mais une expérience inoubliable et très enrichissante! En 17 heures, on a le temps de rencontrer plein de gens, de prier, de penser, de chanter, de râler, de pleurer, de se taper des fous rires, de s'arrêter (mais juste 4 fois 20 minutes), de voir les quartiers pauvres, sordides et dangereux de la Provincia... En 17 heures, on a aussi le temps de penser abandonner, de se dire que cette option n'est pas valide car on est cig. engagée, et qu'en fait, il vaut mieux continuer jusqu'à tomber dans les pommes. On a autant le temps de parler que de se taire, on a le temps de comprendre le sens de ce que l'on fait, et - merci mon Dieu - on a le temps d'arriver!

Je ne pensais pas que mon article ressemblerait à ça, mais je crois avoir dit l'essentiel...




vendredi 5 octobre 2012

Colonia de Sacramento - Uruguay

Voilà maintenant deux semaines que je suis allée à Colonia, une ville du sud-ouest de l'Uruguay fondée par les Portugais en 1680. Cette ville est la plus ancienne ville du pays, et offre au promeneur un véritable voyage dans le temps. Les maisons, les rues et les voitures semblent toutes raconter une Histoire, encore une fois celle de la colonisation, et celle du temps qui passe. La centre historique, classé au Patrimoine Mondial de l'Unesco, est bordé par le Rio de la Plata. La plus belle rue est incontestablement la Calle de los Suspiros. Les maisons y ont résisté aux années et à la modernisation, et il ne faut pas hésiter à entrer dans les boutiques qui s'y trouvent pour en découvrir l'intérieur. Les musées sont petits (à l'image de la ville) mais il est intéressant de découvrir toutes sortes d'objets datant de l'époque de la colonisation.
Un ou deux jours suffisent toutefois amplement à visiter Colonia de Sacramento. Nous avons donc passé notre seconde nuit dans une auberge de jeunesse plutôt originale, appelée El Galope, qui se trouve être complètement perdue dans la campagne, entre Colonia et Montevideo. L'occasion de voir toutes sortes d'animaux étranges (mais surtout des vaches), de se faire attaquer par des chiens, de monter à cheval, d'aller bouillonner dans un sauna juste pour le plaisir... et de pouvoir manger un fromage ayant un peu plus de goût que le queso argentino (j'ai bien dit un peu, car franchement ce n'est pas encore ça).



Los Arabes

Dans le métro aujourd'hui, une fille lisait un bouquin. D'après le résumé, il s'agissait de l'histoire "de los deseos intimos de una joven mujer arabe", les désirs d'une jeune femme arabe. Le résumé me laisse bien perplexe, et je me rends compte que les Argentins ont tendance à utiliser à outrance le terme "Arabe" pour parler de personnes venant de pays arabes, en ignorant le pays d'où elles viennent. Un peu comme la façon dont les Libanais parlent des "Africains" en les mettant tous dans le même sac, comme si l'Afrique était un pays.
En France, le résumé de ce bouquin évoquerait "les désirs d'une jeune Égyptienne, Algérienne, Irakienne ou autre", en précisant d'ailleurs le contexte historique. 
Mais non, il s'agit simplement des désirs d'une jeune femme arabe, et le terme "arabe" a à lui seul l'air de vouloir signifier "dominée". C'est plutôt lamentable.

dimanche 16 septembre 2012

Buenos Aires: Moda Parisina?

On dit que Buenos Aires est le Paris de l'Amérique latine, notamment en raison de son architecture. Le sujet du "Modelo Parisino" est en réalité très large, et j'aurai l'occasion d'y revenir. Aujourd'hui, c'est de mode qu'il s'agit. Et je serai très claire sur ce point: Buenos Aires n'est pas le haut-lieu de la Moda Parisina. Buenos Aires est le (très) haut lieu de la Moda de mierda. Je porte ici un jugement de valeur choquant et je l'assume tout à fait. 
Je veux bien à la limite essayer de me rattraper... Je dirais donc en toute objectivité que la mode argentine et la mode française... C'est pas la même chose. 
    
Porteña - Casual  

Parisienne - Casual
Parisienne - Soirée importante
Porteña - Soirée importante (l'accessoire indispensable)
Il y a trois semaines, une jeune fille m'arrêtait dans le bus pour me dire "Sos de Francia? Ah alla la gente se viste muy bien". Après quelques minutes de conversation, je lui demande l'air de rien "Ah y tenés esos zapatos que la gente pone en los boliches?"/"Est-ce-que tu as ces chaussures que les filles mettent en boite?". Très fière, elle me répond que oui, et que c'est super confortable. Voici lesdites chaussures.
Je tiens à souligner que malheureusement, ces chaussures ne se portent pas qu'en boite. Elles se portent partout. En cours, au boulot, pour faire ses courses. Comment une personne portant ce genre de chaussures peut-elle aimer la mode française? No entiendo
Tout ça pour dire que chacun ses goûts mais qu'ici la mode, c'est spécial.


                              

mardi 4 septembre 2012

Cacerolas

Hier Lundi 3 Septembre, je vais me coucher. J'essaie de dormir, mais au bout de quelques minutes, je trouve que bizarrement, il y a encore plus de bruit que d'habitude. Des espèces de tambours. J'imagine tous les scénarios dans ma tête: des gens faisant la fête dans la rue, mes voisins ayant décidé de faire une soirée un Lundi soir et essayant de monter un groupe de rock, ou même une procession religieuse Avenida Las Heras avec une foule de gens suivant une statue de la Vierge en faisant de la musique (Car oui, j'ai déjà eu la chance d'assister à une scène similaire à Iguazu). Le bruit ne s'arrête pas et j'en ai marre. J'ouvre le store, prête à engueuler mes voisins où à voir la Vierge brillant de mille feux. Et là je me rends compte qu'il ne s'agit pas de tambours mais de casseroles, que le bruit est énorme et vient de tous les immeubles qui m'entourent! Je suis au 22ème étage, et toute la ville frappe sur des casseroles, aux balcons, aux fenêtres, dans la rue. Qu'est ce que c'est que ce gros délire?? Gros coup d'excitation (oui, il m'en faut peu), je fais le tour de toutes les fenêtres et de tous les balcons (lol, "tous les balcons"... vie de 3A). De tous les côtés, les Porteños ne s'arrêtent pas. Je google "Cacerolas Buenos Aires" et je comprends qu'il s'agit d'une manifestation! Je ne sais pas exactement quelles sont les revendications mais au vu de la situation du pays, tant politique qu'économique, je suis convaincue qu'elles sont justes... Mes colocs n'étant pas aussi tarées pour avoir à leur tour envie de frapper sur des casseroles, je retourne me coucher un peu déçue. 25 minutes plus tard, c'est à nouveau le doux bruit des voitures et des colectivos qui berce mon sommeil. 


Franchement, rien à dire, je suis dans une ville de locos!
Je pense qu'hier soir est un des moments où je me suis sentie le plus dépaysée à Buenos Aires.

En attendant, les locos ont bien raison de frapper sur des casseroles. Aujourd'hui mon cours d'Espagnol a été exceptionnellement intéressant, et ce certainement pour la première et dernière fois du semestre. J'y ai appris que ce type de manifestation a eu lieu pour la première fois lors de la crise économique de 2001, notamment en raison des restrictions bancaires imposées aux Argentins. Hier, les Porteños protestaient contre les spots publicitaires récurrents de Cristina Kirchner sur la chaîne nationale, interrompant sans cesse les programmes à des fins de propagande plutôt scandaleuse. A cela s'ajoute un contexte économique difficile (problèmes d'inflation bien sûr, mais aussi problèmes bancaires et impossibilité de retirer des dollars) ainsi que le souhait du gouvernement d'accorder le droit de vote aux jeunes de... 16 ans! Une proposition qui n'a aucun sens et qui ne vise bien évidemment qu'à récolter plus de votes, puisqu'il suffit à Cristina de promettre des téléphones portables gratuits à des ados pour gagner leur soutien. Une chose est sûre: la prochaine fois, une casserole de plus résonnera dans Buenos Aires, et mes voisins n'auront qu'à bien se tenir!